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Randy Engel Interview With Marthe Gautier - French Translation

Randy Engel interview avec le Dr Marthe Gautier, découvreuse de la trisomie 21                    (Traduction Marthe Gautier)

 

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 Par Randy Engel

 

RE: Dr Gautier, avant de commencer cet interview, je tiens à vous remercier de m’avoir recommandé le remarquable livre écrit par le professeur Peter Harper de l'Université de Cardiff, Pays de Galles, les Premières Années des chromosomes humains - Les débuts de la cytogénétique humaine, qui documente tous les efforts scientifiques et cliniques de pionniers tels que vous, dans le domaine de la génétique, de 1955 à 1960. [1] Les travaux du professeur Harper, ainsi que ses interviews archivés, sont un véritable trésor d'informations concernant l'histoire de la cytogénétique humaine.

 

Maintenant, Dr Marthe Gautier, auriez-vous l'obligeance de donner à nos lecteurs quelques informations personnelles sur votre famille?

 

MG: Je viens d'une vieille famille. Nous sommes français et catholiques et nous avons toujours vécu dans la même région, la région Île-de-France, non loin de Paris. Nous pouvons retracer nos ancêtres sur plus de 400 ans. A l'origine, notre famille était connue pour ses «barbiers et chirurgiens." Mais deux cents ans plus tard, un de nos ancêtres a épousé un agriculteur, de sorte que nous sommes devenus agriculteurs pendant plus de deux cents ans.

 

RE: Vous êtes le cinquième de sept enfants?

 

MG: Oui. Je suis née le 10 Septembre 1925. Mes parents ont eu quatre filles et trois garçons. Deux de mes frères sont devenus agriculteurs, deux de mes sœurs ont marié des agriculteurs - et le plus jeune de mes frères est devenu vétérinaire et a épousé une pharmacienne.

 

RE: Donc, je comprends que des quatre filles, votre sœur aînée, Paulette, est devenue le premier membre de votre famille à fréquenter l'école de médecine - et que vous avez suivi ses traces?

 

MG: Oui, je la rejoignis en 1942, en pleine guerre, à la Faculté de médecine de Paris.

 

RE: À quel moment avez-vous décidé de vous spécialiser en pédiatrie?

 

MG: J'ai toujours voulu être impliquée dans le soin des enfants. Je savais que si j’avais la moindre chance de réussite dans la profession médicale, ce serait dans le domaine de la pédiatrie.

 

RE: Avant d'entrer dans votre formation médicale, Dr Gautier, j’aimerais que vous expliquiez à nos lecteurs les différentes étapes des études médicales en France, à l'époque où vous avez fréquenté la faculté de médecine de Paris.

 

MG: Certainement. La première étape pour devenir un docteur en médecine (un MD) est l'examen d'entrée, dont la difficulté varie d'année en année, suivi de six ans de formation clinique, avec un examen écrit chaque année.

 

Pour les candidats qui souhaitent suivre la voie des concours, pour tenter d’être chef de département, ce qui était le cas pour ma soeur Paulette et moi, cette voie impliquait un concours après l'autre, chacun fournissant un accès au niveau suivant et à une autre étape vers la responsabilité des soins aux patients. L »’Externat » était le premier concours indispensable à réussir, suivi d'une préparation au concours suivant appelé  ’Internat, beaucoup plus difficile «  Internat des Hopitaux de Paris (AIHP) ». Il permettait d’accéder déjà à des responsabilités cliniques importantes pendant quatre ans sous la haute responsabilité de chefs de départements qui alternaient tous les six mois soit huit chefs de services différents qui donnaient leur enseignement dans des spécialités différentes avec leurs caractères différents. Après cette merveilleuse expérience, le candidat a rédigé une thèse, il est « MD » « AIHP »

 

Parvenu à ce point, le candidat devait décider s'il voulait être médecin praticien ou s’il voulait continuer la voie des concours, à un niveau supérieur ("chef de clinique"), un autre cycle qui comprend l'enseignement de la médecine clinique aux étudiants pour une période de 1 à 2 ans. Cette charge avait son importance, car elle pouvait souvent conduire à une carrière universitaire. J'ai ensuite également réussi le concours suivant pour devenir « assistant «  du chef de service. La dernière étape nécessaire pour devenir le chef d'un département s’appelait «  médicat ».

 

J'ai négocié avec succès toutes ces étapes jusqu'au médicat. Les femmes y étaient rarement admises à cette époque de l’histoire, même si ce n'est plus le cas aujourd'hui.

 

RE: Le cheminement de carrière était différent pour un candidat qui souhaitait se spécialiser dans le cadre des chercheurs au CNRS ( Centre national de la recherche scientifique).

 

MG: Oui .Il n’est pas nécessaire d’être MD, même si certains le sont. La première étape s’appelle stagiaire. Chaque année on procède à des commissions au cours desquelles les publications des candidats sont examinés pour décider   si il ou elle doit être encouragé à la recherche, stagiaire ou chercheur, et avancer à la hausse à plusieurs niveaux intermédiaires. Peu atteignent le niveau de maître ou directeur de recherche ou deviennent directeur à la direction d'un laboratoire.

Depuis cette époque, un second organisme a vu le jour en France uniquement pour la recherche médicale : INSERM. (Institut national de la santé et de la recherche médicale)

 

RE: Merci pour cette information, son importance deviendra manifestement claire, plus tard dans cet interview. Revenons maintenant à votre propre carrière médicale. Vous m'avez dit que votre concours pour AIHP a été très difficile. Pouvez-vous préciser?

 

MG : Puisque c'était la seule façon d'atteindre les niveaux supérieurs et d’ouvrir la porte pour être « Professeur » ou « Chef de département « je devais persévérer. Les documents - tests des examens écrits étaient marqués seulement par un numéro d'identification, sans nom, pour garantir l'anonymat et empêcher le favoritisme ou la discrimination fondée sur le sexe. Toutefois, cela était impossible à éviter à l'examen oral. Quoi qu'il en soit, j'ai réussi à ma quatrième tentative. J'avais 25 ans et c'était en 1950. Cette année-là, seules deux femmes sont devenues des « AIHP » dans les hôpitaux parisiens, contre quatre-vingts hommes. Cela m'a donné quatre ans d'expérience dans huit départements pédiatriques différents. Cela signifiait huit patrons différents qui dominent l’expérience et les connaissances dans différentes spécialités et avec des pratiques très différentes d'enseignement. Ce fut une expérience merveilleuse.

 

RE: Je comprends que, avant la mort prématurée de Paulette quand les troupes allemandes se retiraient de Paris en 1944, à la fin de la guerre, elle vous a donné d'excellents conseils sur comment être une femme dans un métier où les hommes sont présents dans l’immense majorité.

 

MG: Vous devez vous souvenir que quand je suis arrivée à Paris, pendant la guerre, venant de la campagne, je n'avais que 17 ans. J'étais complètement naïve, toute mon éducation ayant eu lieu dans une école de filles catholique. En tous cas, Paulette était très catégorique sur deux choses. Tout d'abord, elle m’a dit que les filles à égalité de résultats, devaient travailler deux fois plus que les garçons pour réussir, parce que nous devons être particulièrement brillantes dans les examens oraux, là où nous sommes les plus vulnérables parce que notre sexe est évident. Deuxièmement, le népotisme était aussi monnaie courante en médecine, comme il était ailleurs. Notre père était un fermier-paysan et nous n'avions pas de famille dans la profession médicale. Donc, nous n'avions pas de contacts haut placés parmi les chefs de départements pour nous aider.

 

Nous avions bien conscience que nous n'étions pas des "filles de patrons", mais nous avons estimé que ce n'était pas une raison pour ne pas tenter d'atteindre le sommet dans notre profession. Nous savions que c'était un pari. Et nous n'avons pas compté avec la mort tragique et prématurée de ma sœur.

 

C'est donc seulement mon histoire personnelle que je vous rapporte aujourd'hui, mais je pense qu'elle témoigne de la véracité des convictions de ma sœur en qui concerne le rôle et le sort des femmes dans la médecine au milieu du 20ème siècle, en France.

 

RE: Comment êtes vous venue aux États-Unis pour étudier à Harvard Medical School à Boston?

 

MG: Au cours de mon apprentissage des quatre ans d ‘INTERNAT, j'ai eu le privilège d'être protégée du pédiatre de renom : le professeur Robert Debré de l'Hôpital Necker-Enfants Malades à Paris. J'ai rédigé ma thèse de docteur en médecine «formes mortelles du rhumatisme articulaire aigu chez les enfants» dans son département. Mon étude a porté sur la clinique, l'anatomie post mortem et l’ anatomo-pathologie du coeur touché par la fièvre rhumatismale appelée en France ; maladie de Bouillaud. Ma bourse de séjour pour un an a été financée par un ami du professeur Debré, dont l'enfant de 10 ans venait de mourir d'une maladie cardiaque sévère acquise. En raison des conséquences de la guerre, elle n’avait pas reçu le traitement par la pénicilline et la cortisone qui n’existaient pas encore en France. Ses parents ont voulu compenser ce handicap pour d’autres en offrant une bourse aux USA.

 

RE: Pouvez-vous me parler de votre travail à Harvard?

 

MG: Mon séjour à Boston a été bien organisé par le Professeur David Rutstein, professeur de médecine préventive à l'École de médecine de Harvard et ami personnel de M. Debré. Je fréquentais régulièrement l’unité du Pr B MASSELL responsable de la lutte contre la maladie rhumatismale. J ‘ai aussi régulièrement visité l'unité de cardiologie de l'Hôpital pour enfants sous la direction du Dr Alexander Nadas, un pionnier reconnu dans le diagnostic et le traitement chirurgical des maladies cardiaques congénitales chez les nouveau-nés. J'ai aussi pu voyager en bus Greyhound vers six centres médicaux différents à Cleveland, Chicago, Seattle, San Francisco, Washington et New-Orleans, tous spécialisés dans le traitement du rhumatisme articulaire aigu chez les enfants - mais tout en utilisant différentes techniques dans les doses et la durée des thérapies de cortisone. J'ai ainsi acquis une expérience inestimable de ces visites d'autant plus que suite de la guerre, l'Europe avait pris du retard dans ce domaine. Bien sûr, j'ai aussi apprécié d'apprendre à voir la magnifique campagne américaine en autobus plutôt qu’en avion, trop cher.

 

RE: Cela ressemble à un programme très chargé. Comment avez-vous pu prendre également la tâche de travailler comme technicienne en laboratoire de culture de tissus?

 

MG: Pour moi, ce fut un plaisir. C'était seulement à temps partiel, quand j’étais libre, principalement le soir et/ou les dimanches et jours fériés, et cela m'a permis de rencontrer et de fréquenter des personnes différentes dans la nationalité et la couleur. Il y avait une excellente technicienne travaillant dans le laboratoire et elle m'a appris à cultiver, à prendre et à développer des photographies de cellules cultivées à partir d'échantillons de cœur ou d’aorte, obtenues au cours d'interventions chirurgicales. Elle m'a même appris un peu argot américain.

 

La technique de culture est très précise, mais simple, à condition que tous les ingrédients nécessaires pour le milieu de culture soient déjà prêts dans le congélateur. De plus, le chef du laboratoire étant enceinte, je la remplaçais pour tenir les dossiers à jour et agir en agent de liaison avec les biochimistes qui analysaient et comparaientles quantités et les types de cholestérol dans les cellules obtenues à partir d'explants (tissu vivant utilisé comme un moyen de culture de tissus) et à partir de patients d'âges différents.

 

RE: Donc il s'agissait de biochimie au cours de cette période?

 

MG: Oui, nous ne nous sommes jamais impliqués dans la génétique ou le travail des chromosomes.

 

RE: Qu'est-ce qui s'est passé quand vous êtes revenu à Paris en Septembre 1956?

 

MG: Malheureusement, le poste de « chef de clinique » promis quand je suis partie pour les États-Unis avait été retenu en mon absence, et j'ai dû trouver un autre poste assez rapidement pour l’année universitaire qui commence en octobre. Le professeur Debré avait pris sa retraite. J'ai finalement trouvé une ouverture à l'Hôpital Armand Trousseau enfants, et je l'ai prise. Je n'avais vraiment pas le choix.

 

Mon nouveau patron était le professeur Raymond Turpin, chef de l'unité pédiatrique de l'Hôpital Trousseau. Il avait un intérêt de longue date en génétique humaine et médicale, en particulier pour le syndrome de Down, aussi appelé alors en France «mongolisme».

 

RE: Concernant le professeur Turpin on peut lire dans le livre de M. Harper consacré à l'histoire des débuts de la cytogénétique qu’il avait introduit l'enseignement de la génétique à la Faculté de médecine en 1941 et créé l'Institut de Progénèse en 1958. Mais aussi dès 1937, il avait proposé la possibilité que le syndrome de Down puisse être causé par une anomalie chromosomique. Aviez-vous connu le professeur Turpin avant votre arrivée à l'Hôpital Trousseau?

 

MG: Non, et c'est un point important. Je n'avais jamais été à aucun niveau son élève, ni sa "stagiaire" ni son « externe » ni son « interne ». Nous étions essentiellement étrangers lorsque j'ai rejoint son unité pédiatrique pour une année de "clinicat», qui, comme je l'ai expliqué plus tôt, était   consacrée à l'enseignement de la médecine clinique à de jeunes étudiants. J’ai perçu mon nouveau « boss » comme une personne peu communicative, consciente de son grade et de sa qualité supérieure et, en outre j’étais une femme… Enfin je n’avais aucune connaissance de la politique de ce milieu supérieur... Enfin, le Pr Turpin n'avait jamais été en très bons termes avec mon mentor le Professeur Debré.

 

RE: Quand vous êtes arrivé à l'Hôpital Trousseau , est ce que vous aviez un intérêt particulier dans le domaine de la génétique?

 

MG: Pas plus que n'importe quel autre pédiatre. C’est un domaine important et capital en pédiatrie, mais peu connu à l’époque. Pour moi, je pensais me concentrer plus sur l'étiologie des cardiopathies congénitales.

 

RE: Comment se fait-il alors que vous soyez venue vous joindre à la course internationale pour la découverte des bases génétiques du syndrome de Down?

 

MG:

Ce fut vraiment simplement une question d’avoir été au bon endroit au bon moment. Suivant une expression populaire ; « L’occasion fait le larron ».

Nous sommes en septembre 1956 et le Professeur TURPIN est de retour du Congrès international de génétique humaine de Copenhague. Une communication révolutionnaire très intéressante y a établi que le nombre de chromosomes humains est de 46, et non de 48 comme cela était précédemment enseigné. Il tient au courant l’ensemble du staff. Surtout, il déplore que la France manque de laboratoires modernes de cultures de tissus et de matériel spécialisé  qui étaient disponibles dans d’autres pays voisins comme le Royaume-Uni et la Suède qui se sont engagés dans la course de la connaissance cytologique des maladies génétiques. Curieusement c’est un domaine scientifique qui avait encore produit peu d’excitation ou d’intérêt parmi les chercheurs américain

 

 

Tandis qu'il parlait ainsi, le Pr TURPIN m'a frappée de manière négative. Secrètement, je me suis indignée. Il y avait là un homme qui avait proposé une hypothèse chromosomique au syndrome de Down près de 20 ans auparavant, et pourtant il n'avait fait aucun effort pratique pour poursuivre son hypothèse alors qu’il était chef de département. La plupart des travaux génétiques du professeur Turpin étaient désormais avec ses rares élèves centrés sur des données statistiques et sur les Dermatoglyphes, i.e l'étude scientifique des modèles d'empreintes digitales. Des modèles dermatoglyphiques inhabituels sont alors démontrés liés à des anomalies génétiques comme le syndrome de Down et le syndrome de Turner. [2]

 

RE: Donc, spontanément et brutalement vous décidez de sauter dans la mêlée et vous déclare volontaire pour créer un petit laboratoire sur les terrains de l'hôpital avec l'idée d'être la première à démontrer le nombre chromosomique associé au syndrome de Down - que ce soit normal ou anormal? C'est incroyable!

 

MG: Eh bien, oui ! j'avais déjà l'expérience de la culture de tissus, qui est très simple. Je savais aussi manier la coloration de préparations histologiques en raison de l’expérience de ma thèse. Évidemment une adaptation serait nécessaire, mais j'avais hâte et la jeunesse faisait le reste pour me déterminer. Car la recherche, c’est aussi poursuivre un rêve.

 

RE: Qu'en est-il des fournitures et du financement dans des conditions de temps d'après-guerre?

 

MG: Je me retrouve munie d'un espace de laboratoire libre dans le bâtiment de Parrot donc je n'ai pas eu à m'inquiéter de l'eau, du gaz et de l’électricité, et il y avait aussi un frigo, une centrifugeuse et une armoire vide, mais ce fut tout.

 

Au départ, pendant plusieurs mois, je travaillais seule et bénévolement, mais à temps très partiel et Il n'y avait pas de financement. J'ai donc pris un prêt pour acheter l'équipement et les fournitures nécessaires, dont certains  n’étaient même pas disponibles dans le commerce à Paris. Malheureusement, contrairement aux installations de recherche merveilleusement équipées de Harvard, cet ex-laboratoire que j’occupais n'avait pas de microscope optique disponible pour prendre les photos de mes préparations, seulement un microscope à faible définition.

 

Pendant quelques mois, j'ai été laissée à moi-même et j'ai pris de l'avance pour tout organiser. Avec mon prêt, j'ai pu acheter la verrerie dont j'avais besoin et un appareil à eau distillée sur verre neutre. J'ai utilisé le plasma d'un coq que j'ai acheté dans la campagne et logé sur le terrain de l'hôpital près du quartier des infirmières et il ne se privait pas, en ville à Paris, de pousser de retentissants cocoricos. J’avais ainsi du plasma à faible teneur en calcium pour la culture de tissus humains. J'ai aussi utilisé des oeufs de poule incubés 11 jours pour faire de l’extrait embryonnaire ; je les obtenais tous les samedis de l'Institut Pasteur, dans le laboratoire où mon compagnon travaillait. Le sérum humain était le mien toujours disponible.

 

RE: Avez-vous envisagé une autre formation à la Sorbonne en biologie cellulaire supplémentaire, pour vous aider à parfaire votre technique en particulier pour la coloration de l'ADN?

 

MG: JEffectivement. mais, cela fut inutile, comme je le redoutais car j'ai eu des problèmes avec les techniques de coloration élaborées par Feulgen, techniques   spécifiques de l’ADN mais, de couleur rose pâle ce qui ‘est pas une bonne couleur   sous mon vieux microscope optique. Il était même difficile de compter les chromosomes et la couleur n'était pas compatible avec la sensibilité des pellicules photographiques en usage à l'époque. Finalement, cependant, j'ai modifié la procédure en utilisant du Giemsa, qui est bleu foncé et qui s'est révélé tout à fait satisfaisant pour les résultats souhaités .

 

RE: Y a-t-il eu des problèmes liés à la contamination?

 

MG: Si vous faites allusion à la contamination bactérienne, la réponse est NON. Mon expérience dans la culture de tissus à Harvard m'avait appris à gérer des cultures stérilement même avec un bec Bunsen. Tout - ma verrerie neutre, l'extrait d'embryon de poulet, le plasma de coq, le sérum humain - tout était préparé écologiquement par mes soins.

 

Un sujet d’inquiétude cependant était la possibilité de modifications chromosomiques dues à la culture à long terme in vitro qui aurait pu conduire à la «transformation » ou altérer l'intégrité du caryotype. Cela ne se produisit pas, Dieu merci, j'ai pu obtenir des chromosomes en prométaphase (l’étape de la mitose ou de la méiose où se désintègre facilement la membrane nucléaire), et où les chromosomes sont de grande taille et faciles à compter et à apparier.

 

J'étais jeune. J'étais confiante. Et j'ai eu beaucoup de soutien moral de mon compagnon. Je poursuivais un rêve. J'étais loin d'imaginer ce qui allait suivre.

 

RE: Est-ce que le professeur Turpin est venu visiter votre laboratoire de fortune dans les premiers temps quête?

 

MG: Non, mais je reçus des visites sporadiques du Docteur Jacques Lafourcade, son assistant, qui vraisemblablement renvoyait à son patron les progrès réalisés.

 

RE: Et vous avez aussi eu un autre visiteur régulier qui semblait intensément intéressé par votre projet?

 

MG: Oui, le Dr Jérôme Lejeune (JL). Il était en charge de la consultation externe pour les patients atteints de syndrome de Down à l'hôpital Trousseau. Il était MD et son statut était celui de chercheur, première catégorie dit « stagiaire », au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), le seul organisme de recherche gouvernemental en France à cette époque. Nous avions le même âge.. Je ne le connaissais pas auparavant, puisque « chef de clinique », je faisais déjà partie du « staff ».

 

Plus tard, j'ai appris qu'il était un protégé-élève de M. Turpin et qu’ils avaient collaboré sur des projets conjoints de recherche et de publications sur les dermatoglyphes et l’étude des rayonnements ionisants dans le cadre de maladies génétiques présumés.

 

Au début, je n'ai pas prêté trop d'attention aux visites de JL. Il faut comprendre que outre les cultures de mon labo, j'étais occupée par mon propre début de prise en charge des malformations congénitales du cœur et je commençais juste un cabinet privé pour gagner ma vie. En outre, j'avais encore mes responsabilités d'enseignement dans le cadre de mon "clinicat."

 

RE: Le Dr Lejeune possède-il quelques compétences ou de formation en culture cellulaire?

 

MG: Pas du tout. Comme je l'ai mentionné plus tôt, l'intérêt principal de J. Lejeune était celui des données statistiques dans le cadre de modèles d'empreinte digitale [dermatoglyphics] des enfants atteints du syndrome de Down. Il n'avait jamais été intéressé dans les études anatomo-pathologiques ou dans des cultures cellulaires.

 

RE: Passons maintenant aux mois qui ont précédé la découverte de l'origine génétique du syndrome de Down.

 

MG: En Juillet 1957, j'avais déjà mis en place mes premières cultures d’enfants normaux à partir d’échantillons « contrôle » obtenus par un chirurgien opérant par nécessité des enfants sans anomalies congénitales, avec toutes les autorisations nécessaires, bien sûr. Je préférais utiliser le fascia lata, le tissu conjonctif dense qui entoure le muscle de la cuisse. J'ai continué la sub-culture de l'un de ces échantillons pendant six mois consécutifs et le nombre de chromosomes était toujours le même: 46 chromosomes. Je suppose alors donc que ma technique fonctionne parfaitement.

 

Alors j'ai demandé à Mr le Pr. Turpin de me fournir un échantillon d'un patient atteint du syndrome de Down (DS) , encore une fois avec les autorisations parentales nécessaires. Je me sentais très fière de moi d'avoir fait seule tant de chemin depuis mon retour des Etats-Unis et d’arriver bientôt près du but.

 

Malheureusement, pour des raisons que je n’ai jamais comprises, même jusqu'à ce jour, l'échantillon de tissu que j'ai demandé à M. Turpin n’est pas arrivé avant mai 1958. Un gouffre silencieux s’était développé entre nous et la communication difficile. J’avais envisagé d'abandonner mes efforts lorsque le fragment de tissu est enfin arrivé.

 

J'ai compté 47 chromosomes sur les premières mitoses obtenues à partir de l'échantillon de DS me révélant ainsi la première aberration chromosomique autosomique reconnu dans les cellules de l'espèce humaine -. Trisomie 21 [3]

 

Mais, je n’avais pas de microscope photo pour identifier précisément le 47° petit fragment et le prouver.

 

RE: Est-ce que alors le Dr Lejeune a offert son aide?

 

MG: Oui. Sans un microscope photo, je ne pouvais pas avoir la preuve de ma découverte. JL s'est porté volontaire pour prendre mes lames vers un autre laboratoire mieux équipé et de me ramener les photos. Naïvement, j'ai consenti. C'était en Juin 1958. Ce n'est que bien plus tard que j’ai su que les lames des cultures de DS avaient été photographiées au Danemark, patrie de Madame Lejeune, alors que la famille y était en vacances. Un journal danois local aurait fait une communication sur le sujet ?

 

RE: Avez-vous vu les photos ?

 

MG: Non, jamais. Les premières, je ne les ai jamais vues. Quand je lui demandais où elles   étaient il me répondait que les lames étaient gardées sous clé par le professeur Turpin.

 

RE: Parlez-moi de la réunion au cours de la Conférence internationale de génétique humaine à Montréal, Canada tenue en Août 1958?

 

MG: Le Dr Lejeune était là en tant qu’expert représentant du CNRS, sur l’effet des rayonnements ionisants. Mais il avait aussi en sa possession toutes les données relatives à mon laboratoire qu'il a diffusées à mon insu.

JL a demandé qu'un séminaire informel de généticiens soit organisé au Département de génétique à l'Université McGill. Il y a annoncé la découverte de la présence d'une pièce supplémentaire de chromatine chez les patients atteints du syndrome de Down.

 

RE: At-il mentionné votre nom en relation avec la découverte?

 

MG: Non Il a présenté les résultats comme s'ils étaient les siens. Désormais, la découverte sera toujours associée à son nom.

 

RE: Je vois. Donc, votre découverte a lancé sa carrière. Quelle a été la réaction du public à l'annonce de Lejeune à l'Université McGill?

 

MG: On m'a dit que c'était un mélange d'excitation et de scepticisme. Mais la chose importante était que Lejeune avait «  laissé le chat sortir du sac », pour ainsi dire.

 

RE: Saviez-vous quelque chose au sujet de ces événements qui se déroulaient au sujet de votre découverte?

 

MG: Non, pas à l'époque. Drs. Turpin, Lafourcade et Lejeune ont réussi à me tenir isolée et non informée. Encore une fois, j'étais trop jeune et naïve pour comprendre la nature du jeu politique qui se jouait.

 

Puis, «  j'ai reçu une lettre datée du 5 Novembre 1958, le Dr Lejeune, était aux États-Unis en visite de différents laboratoires travaillant sur les chromosomes de la drosophile. La mouche du vinaigre commune était utilisée en génétique expérimentale depuis 1910 en raison de ses chromosomes géants.

 

Il m'informait qu'il avait reçu une lettre de M. Turpin indiquant qu'un professeur norvégien avait visité mon labo pour voir « mes merveilleuses préparations ». (sic)

 

RE: Que s’est il passé lorsque le Dr Lejeune est revenu en France?

 

MG: Sans m’avoir consulté, les Drs. Lejeune et Turpin sont enfin disposés à publier les résultats de ma découverte de la première anomalie chromosomique autosomique humaine dans les Comptes Rendus de l'Académie des Sciences de Paris, cela pouvait se faire ici dans les trois jours. Notre laboratoire avait donc un avantage sur les équipes anglaises également en course pour identifier la cause du syndrome de Down parce que les revues internationales demandent près de deux mois ou plus avant de publier les nouvelles découvertes scientifiques.

 

RE: À quel moment avez-vous été finalement amené à la publication?

 

MG: Le texte préparé m'a été lu par le Dr Lejeune à midi le samedi 24 Janvier 1959, pour une présentation le lundi suivant. 26 janvier. A ce stade, je me suis soudainement réveillé de mon sommeil. J'étais sous le choc!

 

RE: Mais alors c’est le choc après les « Comptes Rendus », ce lundi, N'Est-CE pas?

 

MG: Absolument. Cependant contrairement à la pratique professionnelle habituelle de reconnaissance du premier signataire, le nom de Lejeune est apparu à la première place comme l'auteur principal responsable du document, suivi de mon nom, puis de celui de M. Turpin. Par la suite, la citation publiée partout fut signée Lejeune et al. 1959. Et pour ajouter l'insulte à l'injure, mon nom a été mal imprimé "Gauthier" au lieu de "Gautier," et mon prénom "Marie" au lieu de "Marthe". Je ne sais toujours pas si cela fut fait volontairement ou si c'était simplement une erreur typographique non corrigée. Mais cela fut... et le reste pour toujours.

 

Cet article initial fut donc intitulé (J. Lejeune, Marie Gauthier et Turpin R. (1959), "Les chromosomes Humains salle de culture de tissus» (CR Acad. Sci. 248, 602-603, 26 Janvier 1959) était très court et avait une portée limitée, mais ouvrait la voie à une nouvelle discipline - la cytogénétique humaine [4] Il s'agissait simplement d'établir le groupe de Paris comme le découvreur du chromosome supplémentaire chez les enfants atteints du syndrome de Down.

 

Suivirent deux autres publications dans les numéros des Comptes Rendus (Mars 1959.) Ils rapportaient neuf cas d'enfants atteints du syndrome de Down, qui avaient tous 47 chromosomes.

 

Un quatrième document suivit, avec les photographies des chromosomes et le caryotype, ceci dans le Bulletin de l'Académie nationale de médecine (J. Lejeune, Gautier M., et Turpin R. (1959), » Le mongolisme, maladie chromosomique », Bull . Acad. Natl Med, 143, 256-265.)

 

De cette façon, Lejeune toujours premier signataire se met en avant sous les projecteurs des médias comme le découvreur du chromosome supplémentaire dans le syndrome de Down, alors qu'en fait, il n’ avait en fait rien à voir avec cette découverte, en dehors de la photographie.. Et cela avec la couverture du Pr TURPIN. Chacun d’eux avaient calculé tout ce qu’ils allaient gagner

 

RE: Donc Lejeune accepté n’est là qu’à cause d’une jeune femme : une jeune femme nommée Marthe le Dr Gautier. A-t-il tenté plus tard de rectifier cela en vous reconnaissant publiquement comme le découvreur du chromosome supplémentaire dans le syndrome de Down?

 

MG: Non Jamais. En 1962, il a été honoré à Washington par le président John F. Kennedy avec le premier prix Kennedy pour » sa "découverte de la cause du syndrome de Down», et en 1969 il a reçu le prix William Allen de l'American Society of Human Genetics, la plus haute distinction possible pour un généticien, sans me reconnaître en aucune façon, et sans partager l’argent du prix Kennedy.

 

Je pense que Lejeune (et Turpin) ont développé une sorte de «maladie» bien connue des chercheurs scientifiques appelé "Nobelitis." Il semblait sûr que lui et Turpin allaient avoir le prix Nobel, mais ils avaient besoin de m'éliminer parce que le comité Nobel ne pouvait pas attribuer le prix à trois personnes à partir d'un seul laboratoire. En fin de compte ils n’ont pas gagné   le prix tant convoité. Mais Le Pr TURPIN a té nommé à l’Académie des Sciences, haute distinction.

 

Curieusement, quand un nouveau laboratoire avec le personnel et le matériel supplémentaire fourni par l’hopital a été mis en place après la découverte du caryotype du syndrome de Down, un film a été réalisé dans lequel j’avais été filmée présentant et expliquant la technologie et regardant au microscope. Deux ans plus tard, il m'est arrivé de voir ce film à nouveau. Mon image avait disparu, pour être remplacée par celle de Lejeune. ……………..

 

J'avais compris qu'il était impossible de traiter ou de travailler avec de telles personnes. Du reste, continuer dans ce domaine ne m’intéressait pas, Ce n’était pas la conception que j’avais choisi du métier de médecin pédiatre en cardiologie…

 

Lejeune et Turpin ont continué à publier des articles sur la trisomie 21, et mon nom a été progressivement éliminé de la liste des auteurs.

 

Finalement, le nom même du professeur Turpin a été retiré de la liste et Lejeune est venu à être considéré dans le monde génétique comme le seul découvreur du chromosome supplémentaire dans le syndrome de Down. Les héritiers et la famille du professeur Turpin ont finalement été contraints de prendre des mesures juridiques en la matière. Les avocats de la famille ont produit des preuves à partir des archives de l'Institut Pasteur archives documentant l'ancienneté de Turpin dans l'hypothèse chromosomique   concernant le "mongolisme". Ce fait a finalement été vérifié et reconnu à l'occasion du 50e anniversaire de la découverte de la cause du syndrome de Down en 2009.

 

RE: Je me souviens que vous avez dit: «Je n'ai pas de bons souvenirs de cette période, je me suis senti trompée de toutes parts."

 

MG: Oui, je m'en souviens. Et j’ai tenu à poursuivre mes rêves. Toute ma carrière médicale précoce avait été construite   pour la pédiatrie et les anomalies cardiaques congénitales et acquises de l’enfant et non pas pour faire un catalogue des anomalies chromosomiques dont je soupçonnais seulement un lointain développement qui ne serait pas à ma mesure ni de mes compétences.

Pendant dix ans j’ai consacré ma vie à construire les prémices de la cardiologie infantile avec les chirurgiens cardiaques de l’enfant. Ainsi, après la fin de mon "clinicat" à Hôpital Trousseau, j'ai pris le poste prévu à l'hôpital Bicêtre, dans le sud de Paris, comme «  assistant des Hôpitaux de Paris » position acquise par voie de concours dans le département des nourrissons atteints de cardiopathies congénitales dont j'ai assumé la responsabilité clinique et les   décisions avec les chirurgiens .J’ai formé des élèves qui ont su prendre le relai quand l’évolution des techniques a dépassé mes possibilités. Je n'ai jamais regretté mes décisions, Ce furent les plus belles années de ma vie professionnelle..

 

En fait, j'ai passé le reste de ma carrière médicale à l'hôpital de Bicêtre, même quand je suis allé travailler pour l'INSERM dans la pathologie des anomalies congéniales des voies biliaires

 

RE: Quand avez-vous rejoint l'INSERM? (Institut national français de la santé et de l'Institut de la recherche médicale).

 

MG: J'ai rejoint l'INSERM en tant que « Directeur de Recherche » en 1967. Le chef du service d’hépatologie infantile m’a demandé de créer le département d’anatomo-pathologie des maladies hépatiques de l’enfant ce que j’ai fait..

 

. J’ai ensuite mie en place un laboratoire de culture de tissu conçu pour l’étude des fibroblastes et des hépatocytes porteurs d'autres anomalies métaboliques congénitales altérant le foie , ceci en collaboration avec les biochimistes. . Il s’agissait d’enfants concernés par l’intolérance au fructose ou au galactose ou diverses maladies de surcharge

 

Ainsi, toute ma vie professionnelle a été consacrée à l'étude de diverses anomalies congénitales chez les nourrissons et les enfants.

 

Re: Quand avez-vous quitté la pratique médicale?

 

MG: J'ai pris ma retraite à l'âge légal de 65 ans. A cette époque, le directeur de l'INSERM a voulu mettre mon nom en avant pour la "Légion d'honneur". J'ai refusé. Il était trop tard. J'aurais accepté en 1959, mais pas maintenant. On m'a donné un merveilleux microscope à contraste de phase et de fluorescence comme un cadeau de retraite. Je l'ai envo.yé à un service de pneumologie au Vietnam car ils en avaient besoin dans leur laboratoire

 

 

 

 

Je suis heureuse d'annoncer que, une plaque commémorative a été installée et dévoilée à l’h Hôpital Trousseau, en reconnaissance de la découverte de la cause du syndrome de Down. J'ai été invité à assister à la cérémonie. Mon nom est le premier sur cette plaque.

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Re: Je sais que vous avez développé un talent extraordinaire pour peindre des fleurs de votre village, sur papier et sur porcelaine. Votre travail est exquis. Tout simplement magnifique. Avez-vous d'autres passions que vous poursuivez dans vos années de retraite?

 

MG: Mon Herbier, Et récemment, j'ai commencé à travailler sur la généalogie et l'histoire de notre grande famille afin de transmettre notre histoire aux générations futures. Mes parents ont vécu deux guerres contre l'Allemagne. Nous vivons différemment maintenant qu’autrefois et il ya eu beaucoup de changements. Je voudrais enregistrer ces changements pour la postérité.

 

RE: Quelques dernières questions pour vous.

 

Je comprends qu'en 2009, lors du 50e anniversaire de la découverte de Trisome 21, vous avez été encouragé par le Professeur Simone Gilgenkrantz et le Dr Peter Harper pour remettre les pendules à l’heure sur les circonstances de cette découverte. Qu'est-ce qui fait que vous avez cassé votre silence après tant d'années?

 

MG: Les deux sont généticiens et maintenant historiens de la médecine et de la génétique en particulier. Ils voulaient en savoir plus. Et pour la première fois, je me suis sentie prête et capable de les éclairer sur les circonstances entourant ma découverte. En Mars 2009, j'ai partagé une merveilleuse célébration d'anniversaire avec eux et d'autres bons amis dans ma maison à Paris. Je suis reconnaissant d'avoir des amis merveilleux avec qui je peux partager mes années de gamme.

 

RE: Je comprends que vous et pédiatre catholique Dr Jacques Couvreur et d'autres catholiques français concernés ont préparé et déposé des lettres et des documents avec le postulateur de la cause de béatification du Dr Lejeune au Vatican, concernant les événements entourant la découverte de la cause du syndrome de Down. La preuve que vous avez soumise à la Congrégation pour les Saints a-t-elle été déjà été reconnue ?

 

MG: Pour l'instant, ni le Dr Couvreur ni moi n’ont reçu reçu une telle reconnaissance. Je sais que le postulateur Dom Jean-Charles Nault de l'abbaye de Saint-Wandrille est chargé de l'affaire et qu'il doit fournir à Rome les documents à la fois en faveur et contre la béatification du Dr Lejeune.

 

RE: Dans son Commentaire sur "Cinquante ans d'anomalies chromosomiques de l'homme», a écrit M. Harper, «... le rôle largement perçue du Dr Jérôme Lejeune comme le découvreur de la trisomie 21 doit être révisé, de préférence également à la lumière d'autres éléments de preuve et documentation .... " [5]

 

"Indépendamment de l'importance de la contribution propre de Lejeune à la découverte de la trisomie 21, il peut y avoir aucun doute quant à son rôle clé en tant que chef de file de l'école de Paris de cytogénétique humaine, qui au cours de la décennie suivante a fait une série de découvertes majeures d’ anomalies chromosomiques .... "dit-il. [6]

 

Harper reconnaît également que "la publication initiale concernant une découverte scientifique majeure ne peut pas contenir toujours la vérité, surtout quand il s'agit de la contribution relative des personnes impliquées. C'est salutaire de noter que cela pourrait prendre 50 ans ou plus pour tous les faits venir dans le domaine public .... » [7]

 

Je vous remercie pour le privilège de cette entrevue, Dr Gautier, et de la possibilité de faire que votre réalisation pionnière dans le domaine de la génétique soit mieux connu aux États-Unis. Vous avez fait une brillante carrière dans le domaine de la cardiologie pédiatrique. Que vos années dorées soient remplies avec beaucoup de joie et de paix.

 

MG: Je vous remercie. Je voudrais terminer cet interview avec une photo de la remise du Prix Winslow offert par Industrie Novo pour la découverte de la trisomie 21 comme base chromosomique du syndrome de Down. La réception a eu lieu à l'ambassade du Danemark à Paris en Décembre 1971. Je suis ici avec le professeur Debré qui a organisé l'événement en mon nom.

 

 

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Prix Winslow (Marthe Gautier et le professeur Debré) 1971 ambassade du Danemark.

 

NOTES:

 

[1] Peter S. Harper, premières années de chromosomes de l'homme - Les débuts de la cytogénétique humaines (Scion Publishing Ltd, Oxfordshire, Angleterre, Royaume-Uni, 2006).

 

[2] http://en.wikipedia.org/wiki/Dermatoglyphics .

 

[3] Il a été découvert plus tard que ce chromosome a été plus faible et correspondait donc à la 22e paire, mais de faire le changement aurait été très difficile, de sorte qu'en fin de compte, tout est resté dans cet ordre (trisomie 21) afin de ne pas confondre la richesse de la littérature déjà disponible sur le sujet.

 

[4] La découverte du premier chromosome humain anomalie a inauguré non seulement une nouvelle ère de cytogénétique humaine, mais a ouvert la porte à la cytogénétique clinique et génétique médicale dans son ensemble. Aujourd'hui, la science de la cytogénétique et la génétique moléculaire ont pratiquement fusionné.

 

 

 

[6] Ibid.

 

[7] Ibid.

 

© Randy Engel